Une enquête sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur mal pensée et nuisible

Le nombre d'actes antisémites en France connaît une hausse marquée et préoccupante. Mais le ministère diffuse aux agents une enquête sur l'antisémitisme mal conçue, sans aucune concertation préalable. Inadmissible pour la CFDT !

Une enquête sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, lancée par le ministère sans concertation préalable, sème un profond malaise dans la communauté universitaire. La CFDT regrette fortement la méthode employée qui ne fera pas avancer la compréhension de ce sujet grave. Ce problème grave et douloureux doit être traité avec fermeté mais aussi avec le plus grand sérieux, face aux risques toujours présents d’instrumentalisation politique.

Une enquête sur l’antisémitisme ni sérieuse, ni concertée, ni pertinente

enquête antisémitismeLa CFDT a donc découvert avec sidération qu’un formulaire d’enquête sur l’antisémitisme, ne présentant manifestement aucune marque de ce sérieux, était diffusé massivement par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace aux agents de l’ESR. Ceci, sans aucune concertation préalable ni avec les établissements, ni avec les organisations représentatives du personnel. La décision de procéder à cette diffusion semble émaner de la direction générale de la recherche et de l’innovation du ministère, dont ce n’est pourtant pas le domaine de compétence.

La diffusion de ce formulaire a fortement ému la communauté universitaire, au point que certains ont pu y voir une tentative de fichage idéologique des agents. Il est vrai que la médiocrité de l’outil proposé n’apportait aucune des garanties indispensables concernant les modes de traitement ou la confidentialité des données. Plus largement, cet envoi a été ressenti comme une mise en accusation du système d’enseignement supérieur, implicitement accusé d’être un foyer de développement de l’antisémitisme. C’est hélas une petite musique politique que l’on n’entend que trop…

De plus, compte tenu de sa méthodologie douteuse, rien ne laisse penser que cette enquête est susceptible d’aider d’une quelconque façon à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et les discriminations dans l’ESR. Au contraire, elle vient perturber les travaux menés pour améliorer cette lutte, tant par les établissements qu’au niveau national.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques demande

  • l’arrêt immédiat de cet enquête sur l’antisémitisme par le ministère ;
  • que soient déterminées les responsabilités dans cet envoi intempestif ;
  • que soit relancé de manière concertée un plan de lutte contre les agissements racistes et antisémites dans l’enseignement supérieur et la recherche.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques recommande de plus aux agents de ne pas répondre à l’enquête en cours.