Déclaration liminaire au CNESER du 18 novembre 2025

La CFDT alerte sur la situation des établissements et appelle au respect des engagements pris lors des négociations

Déclaration liminaire au CNESER du 18 novembre 2025
Pour ce CNESER de novembre, la CFDT souhaite alerter sur la situation des universités et des organismes de recherche. Depuis plusieurs années, l’État ne donne pas aux universités les moyens de remplir leur mission de service public d’enseignement supérieur. La conséquence, c’est l’épuisement de nos collègues, qui font tenir la boutique au détriment de leur santé. Nous avons vu le mois dernier que 59% des enseignants chercheurs estiment que leur travail met en danger leur santé, c’est énorme, ça correspond à ce que nous voyons sur le terrain, et ça devrait fortement interpeller les responsables de la situation. 

L’État ajoute aux établissements des charges sans les financer

Pour aggraver encore le tableau, l’État ajoute régulièrement des charges aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, mais sans les financer. Nous avons eu l’an dernier l’augmentation de la cotisation au CAS Pensions, finalement compensée, après un long bras de fer, pour les universités mais pas pour les organismes de recherche. Nous avons cette année la même augmentation de la cotisation au CAS Pensions, cette fois-ci compensée pour moitié seulement, et on y ajoute encore la contribution à la Protection Sociale Complémentaire. Dans les organismes de recherche, on ajoute encore la mise en place des agences de programme, imposées mais non financées.
Cette situations nous pose deux problèmes ; premièrement, nous le disions déjà dans cette instance il y a deux ans, on ne peut plus demander aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche de faire plus avec moins de moyens. Ça n’est plus possible, il en va de la santé des personnels. Donc si on réduit le budget, et c’est bien ce qui se passe cette année, il faut nous dire quelles sont les missions que nous n’aurons plus à assumer.

La négociation repose sur le respect des engagements pris

Deuxièmement, il y a la question de la confiance qu’on peut avoir envers la parole de l’État quand on négocie.  Dans l’accord majoritaire mettant en place la PSC dans nos ministères, il était clairement stipulé que l’État compenserait le coût de la PSC pour les établissements dans leur SCSP. 
Nous voyons aujourd’hui que ça n’est pas le cas dans le projet de budget présenté par le gouvernement. Certaines universités risquent, dans ces conditions, de retarder l’entrée en vigueur de la PSC jusqu’en décembre. Pour la CFDT, ça n’est pas acceptable ; la PSC doit entrer en vigueur à la date prévue, et l’état doit donner aux universités les moyens nécessaires pour le faire. Nous n’accepterons pas, au niveau national comme au niveau local, que l’entrée en vigueur de ce nouveau droit soit retardé.
Je tiens à rappeler que la CFDT est très attachée à la négociation, c’est pour nous une valeur fondamentale ; mais une négociation suppose le respect des engagements pris de chaque côté. L’état ne respecte pas les engagements pris lors de la négociation pour la PSC, et il ne respecte pas non plus l’accord majoritaire Carrières et Rémunérations négocié en marge de la LPR. C’est très problématique, et ça impactera nécessairement les prochaines négociations, quelles qu’elles soient, jusqu’à les compromettre purement et simplement. Ce n’est pourtant ni dans l’intérêt de l’État, ni dans celui des agents.